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"Aider les familles et amis de malades psychiques"
UNION NATIONALE DE FAMILLES ET AMIS DE PERSONNES MALADES ET/OU HANDICAPEES PSYCHIQUES
UNAFAM
- UNAFAM - Délégation Haute Vienne 87 - Limousin -
-Association reconnue d'utilité publique-
   
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QUELQUES ACTUALITES NATIONALES CONCERNANT LES MALADIES PSYCHIQUES

visibles sur les sites des délégations UNAFAM 02 - 11 - 16 - 17 - 19 - 21 - 23 - 30 - 34 - 39 - 41 - 48 - 58 - 66 - 71 - 80 - 84 - 87 - 89 - 972

Franco Basaglia    Thomas More   Delacroix   Machiavel      Pinel visitant les aliénés   Le Politique de Platon   Lucien Bonnafé le désaliéniste   l'Assemblée Nationale        

Appelez la police ! 4 février 2006

Depuis que les hôpitaux psychiatriques du secteur et plusieurs institutions travaillent en réseau dans le cadre du projet de "santé mentale", on constate une réduction permanente des "lits" dans les unités de psychiatrie, ce qui implique un déplacement progressif de ces places de soins hospitaliers vers le tissu social et associatif :CHRS, hôtels sociaux, appartements supervisés, etc. Mais nous ajoutons aussi : squats, gares, rues... prisons... Gilles Garcia, Carlos Herrera - 10/01/2006 in Association lacanienne internationale
 
                 




SUITE DE L'INFORMATION

Ce déplacement s'opère inexorablement et ce, grâce à l'alibi largement répandu de la "Réinsertion Sociale" moderne. En réalité, l'hospitalité d'antan de ces lieux de soins et d'asile pour les malades mentaux, s'est immergée progressivement dans une autre dimension, laquelle est parfois restreinte à une sphère strictement punitive.

On s'explique. Cette nouvelle orientation de travail en réseau, d'origine plutôt humaniste, prétend "libérer" les malades mentaux de l'aliénation, parfois à vie, dès l'internement dans les unités de soins psychiatriques. Au fond, elle fait écho d'une autre oreille au néo-libéralisme économique en place, qui prône la limitation de ces prises en charge hospitalières, car elles coûtent "toujours trop chères". Cette délocalisation des soins thérapeutiques vers des "prises en charge" moins chères, a des conséquences qui vont au-delà de la seule réinsertion des malades dans le tissu social, car elles contribuent aussi, et directement, à l'augmentation de la marginalité de ces individus.

 

Le "passage a l'acte", qui n'est pas seulement un concept mais un fait clinique intimement lié à cette population, s'est caractérisé par des actions qui sont souvent dangereuses, tant pour le patient que pour l'entourage immédiat. Le passage à l'acte, comme trait clinique, n'a jamais été absent ni de la doctrine ni des hôpitaux psychiatriques et des lieux qui accueillent cette population. Tout professionnel sait par expérience, qu'à l'intérieur des lieux de soins il faut travailler avec. Normalement cette "difficulté" demeure méconnue par l'ensemble du social, expert ou non, tant qu'ils sont externes et étrangers à cette réalité des institutions. Pourtant, rien de moins étrange quand on travaille directement sur le terrain.

 

Cependant aujourd'hui, et grâce à la réintégration sociale de la maladie, ces passages à l'acte, circonscrits avant dans un lieu ou ensemble fermé, deviennent maintenant des actions dangereuses commises dans le tissu ouvert que constitue le social. Actes parfois qui par leur gravité entraînent une responsabilité pénale et même criminelle. Aujourd'hui, de plus en plus, les malades dans la cité doivent répondre comme c'est le cas pour tout citoyen libre qui se comporte de façon dangereuse en société.

 

Bref, les "passages à l'acte" sont de plus en plus entendus comme des actes uniquement criminels ou délictueux, qui du coup entraînent pour les malades l'enfermement non hospitalier mais plutôt pénitencier.

Nous retombons donc dans une confusion des places, entre la maladie et la criminalité, que les libres penseurs et les humanistes de l'après guerre croyaient avoir dénoncé à travers leurs argumentations logiques et historiques. Dans les faits la petite chansonnette: "les malades mentaux sont des citoyens libres comme tout le monde", permet à tout le monde de garder la conscience tranquille. On constate que dans la pratique et malgré les bonnes intentions, l'ensemble du social agit avec la plus grande indifférence, voire parfois avec mépris et cynisme. "Des hommes libres... de crever".

 

C'est dans ce contexte que nous allons présenter le cas de Monsieur K, un résidant en CHRS et qui est suivi depuis plus d'une dizaine d'années par le secteur et son maillage social en réseau.

Il faut savoir que, hypothétiquement, dans le milieu de la réinsertion sociale, nous travaillions avec un filet de sécurité, l'hôpital du secteur, lieu d'accueil se doit d'être toujours prêt à intervenir en cas d'urgence. Mais dans la réalité les mailles du filet se sont avérées très larges, tout comme l'idée de l'urgence psychiatrique elle-même.

Avec Monsieur K, pas de chance, on a fait le tour de tous ces trous, dans lesquels nous sommes tombés dans la tentative de l'accompagner vers une hospitalisation bien annoncée. Récapitulons rapidement les événements qui ont amenés Monsieur K et l'équipe du CHRS dans ce no man's land.

 

Depuis un certain temps le projet thérapeutique de M. K semble stabilisé et une "bonne opportunité" est apparue : un vie autonome en studio associatif. Cette opportunité de normalisation accompagnée lui permettait de sortir du circuit hôpital - CHRS. C'est vrai, c'est une "bonne idée", nous accordons du bon sens à cette opportunité, en fait, on ne peut plus "réseau-nable"! mais il nous semble, après-coup, que c'est justement cela qui a mis, littéralement, le feu aux poudres.

Au même temps de la signature du bail de son nouveau "chez soi", les choses se sont précipitées sur un autre mode: Monsieur K est content, plutôt euphorique, et demande à son médecin, à ce que son traitement médicamenteux soit revu à la baisse, car il n'en a pas besoin, "tout va bien". Trop bien. Comme l'installation et l'emménagement de son "chez soi" se profilent rapidement à l'horizon, une date est fixée pour sa sortie du foyer dans les prochains quinze jours. Précipitée peut-être, mais administrativement c'est normal, les allocations ne peuvent pas couvrir un double frais de séjour.

 

La nuit, Monsieur K dort mal et rêve d'un "crazy horse" indomptable qu'il ne peut plus maîtriser. La musique dans sa chambre est forte et ses voisins de pallier commencent à se plaindre, ainsi que de son état d'agitation. Le lendemain, il se présente assez déprimé et lui vient l'idée que peut-être nous voulons nous débarrasser de lui en l'envoyant, justement, se confronter à la solitude d'une vie la plus normale à Paris. En tout cas, M. K tient à son projet d'autonomie, sûrement il s'agit d'une simple peur ou d'une angoisse passagère, bien normale à l'approche de tout changement, "ça va passer".

 

Mais les angoisses de M. K se renversent rapidement dans une autre versant, vers une étrangeté cauchemardesque. Il commence à devenir le véritable cheval fou et indomptable. L'état déplorable de Monsieur K est discuté en réunion de synthèse et nous en avertissons l'équipe du centre de jour (CDJ), qui nous propose de l'amener au Centre d'Accueil Permanent (CAP) si les choses se dégradent encore plus.

Le soir monsieur K rentre nuitamment dans un état de grande agitation et commence à tout faire passer par la fenêtre de sa chambre. L'équipe alerte le CAP vers minuit, mais le centre d'accueil ne peut pas l'accueillir en urgence, car il n'y a pas de médecins, et vu l'heure... "Venez demain! à partir de 09:00 au CDJ où il est attendue". Et si lui ne se calme pas? "Vous appelez la Police!".

 

On commence à constater que le filet de sécurité est étrangement filant et en rien accueillant.

Le cauchemar de M. K n'est plus seulement un mauvais rêve mais il se déploie sous les yeux et à fleur de peau de tous les "spectateurs": sa chambre est dévastée, ensanglantée, les vitres et le mobilier sont brisés et répandus sur le sol. Rapidement, devant nos yeux, une autre scène a surgi, digne d'un film d'horreur!

Vers 03:00 heures les choses se calment un peu et on essaye de limiter la zone de l'impact du météorite. Les débris sont déplacés quelque part et on tente que la bonne vieille réalité prenne, une fois de plus, sa place. On prépare du thé et on se munit de cigarettes et on s'installe avec M. K dans un long jeux de mots, un Scrabble, qui va se tenir jusqu'à l'heure de rendez-vous.

 

Le matin nous sommes accueillis dans l'hôpital de jour, mais nous apprenons que dans cet hôpital il n'y a pas de lits. Normal, c'est un hôpital de jour... Pas plus que de médecin. Du reste il ne s'appelle même pas hôpital de jour, c'est un "centre de jour". Bref, M. K et nous-mêmes sommes invités à boire encore du thé et fumer des cigarettes et à raconter notre cauchemar à devant une équipe d'infirmières attentives à l'écoute de nos soucis. L'équipe du centre prend le relais, accueille M. K et nous (r)assurent que nous pouvons partir.

 

Plusieurs fois le jour même, M. K quitte les lieux, le personnel du centre ne peut pas le retenir contre sa volonté, car c'est un centre "ouvert" dans lequel les gens sont libres de venir et de rester quand ils le souhaitent, question de garder un bon transfert de travail. On nous conseille que la prochaine fois le mieux sera de le conduire directement à l'accueil d'urgence de l'hôpital du secteur.

Après plusieurs aller-retour au CDJ, finalement M. K et le responsable du CHRS se déplacent pour signer une hospitalisation à la demande d'un tiers (HDT). M. K reste dans l'accueil pendant que notre collègue remplit les formalités légales et administratives. M. K se voit assigner une chambre dans une unité et nous sommes prévenus que M. K est hospitalisé.

 

Bon, quelques heures après M. K est de retour au CHRS !!! Il nous raconte que son médecin, qui avait signé sa prise en charge, l'avait autorisé à quitter les lieux pour aller dormir chez un copain et il vient chercher quelques affaires pour aller là-bas. Nous pensons que M. K nous a raconté une bonne histoire; l'hôpital confirme cette version : "On ne doit pas s'inquiéter".

 

Pas de chance, sûrement, mais un long week-end tombe juste. Voilà, M. K est seul dans la nature, car littéralement à Paris c'est la jungle, les émeutes commencent dans les banlieues, "ça" brûle. Mardi midi, M. K rentre une fois de plus de façon improvisée au CHRS, totalement défait et confus, il est sale, il n'a pas mangé, il a tout perdu, on l'accueille et on prend soin de lui. Après on l'accompagne à son hôpital et finalement il est hospitalisé "pour de vrai".

 

Les banlieues continuent de brûler et M. K est encore à l'hôpital, au moins une bonne nouvelle. Mais ça ne dure pas longtemps, la police nous contacte dans le cadre d'une enquête criminelle, car un incendie a été provoqué la veille et les soupçons tombent sur M. K : il aurait été reconnu par des voisins se promenant en slip et agité, juste avant le déclenchement du feu.

 

Pas de chance !!! Sûrement pas, mais la justice doit à présent déterminer de la responsabilité criminelle ou pénale du Citoyen K. Vous serez d'accord avec nous pour dire, que c'est un véritable cas d'école... de l'état de notre santé mentale contemporaine. La morale de l'histoire est simple: si vous avez une urgence psychiatrique vous ne devez pas appeler "la Police", la Police va vous appeler !!!

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